Quand j’avais 6 ans, je me souviens d’avoir souhaité être un garçon. Je tenais mon père en admiration et je lui enviais sa force, sa fougue et son rire sonore qui faisait trembler les murs. Ma mère, quant à elle, était plus introvertie et je m’étais déjà séparée d’elle, psychiquement parlant, comme j’allais le découvrir presque quarante ans plus tard. J’ai grandi avec 2 sœurs et du côté paternel comme du côté maternel, il y a beaucoup plus de filles que de garçons.

À 16 ans, j’ai été envahie de mimétisme avec mon amoureux alors que je portais son parfum, son déodorant et ses chemises. Il m’en a fallu du temps pour apprivoiser le féminin en moi. Et cela s’est fait grâce aux femmes significatives qui sont sur mon chemin. En cette journée du 8 mars 2021, je me suis demandé ce que j’avais envie de transmettre à ma fille et à celles qui suivront. Et j’ai été bouleversée, ressentant un flot d’émotions de n’avoir pas été assez militante, de ne pas prendre ma place, de ne pas dénoncer les injustices. Bref, je me suis sentie coupable de ne pas « être assez », comme une multitude de femmes sur la Terre. Comme une multitude de femmes du monde, je porte les blessures des pionnières, des sorcières, des revendicatrices, des militantes de la justice qui, jadis, ont défriché les sentiers tortueux et enchevêtrés, encore envahis d’un masculin pur et dur.

Je suis fascinée par toutes les femmes qui ont su laisser derrière elles une trace de courage, et j’admire celles qui crient haut et fort ce qui doit être rétabli, rééquilibré, rendu juste. À la manière de Julien Clerc, « Femmes, je vous aime ».

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